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 [English will follow] ]À L’OCCASION DE LA JOURNÉE INTERNATIONALE CONTRE L’HOMOPHOBIE, LA BIPHOBIE ET LA TRANSPHOBIE, ON A VOULU TENDRE LA MAIN À NOS COUSIN·ES DE LA LOUISIANE
 

Alter Acadie NB a posé quelques questions au Acadiana Queer Collective, en Louisiane (É.-U.), pour mieux comprendre leur réalité et leur fierté queer. Voici leurs réponses... 

Quel type de travail communautaire, culturel ou militant menez-vous en Louisiane au sein de l’Acadiana Queer Collective (AQC)?

L’AQC offre un espace où les personnes queers du sud de la Louisiane peuvent être elles-mêmes en toute sécurité, célébrer la diversité et trouver la joie queer.Aujourd’hui plus que jamais, les personnes queers du Sud ont besoin de savoir qu’il existe une communauté qui les accepte et les aime exactement telles qu’elles sont, et l’AQC se bat pour faire grandir (et préserver) ce type d’environnement en Acadiana. 

Tous nos événements sont centrés autour de ces thèmes, mais ce qui m’enthousiasme le plus, c’est le Gay Agenda, nos réunions trimestrielles qui rassemblent des personnes clés de notre communauté prêtes à œuvrer pour que celle-ci reste un espace sûr et accueillant pour toutes les personnes queers.
-Beth

Qu’est-ce qui rend l’identité queer en Louisiane unique? Est-ce qu’elle croise l’expérience de faire partie d’une minorité francophone ou celle de l’héritage acadien?

Mon identité queer est très liée à mes racines cajun. Quand j’étais petite, je passais du temps chez mon arrière-grand-mère, à apprendre à cuisiner, à prendre soin des autres et à créer un esprit de famille, peu importe la situation. La culture cajun est basée sur la communauté, l’entraide et la famille — tout comme la culture queer.

Beaucoup de ses recettes étaient pensées pour être partagées avec les voisin·es,chacun·e apportant un ingrédient pour nourrir tout le monde. Les Cajuns ont été exilés et ont dû tout reconstruire en comptant les un·es sur les autres. Je vois ma famille choisie queer de la même façon. On a tous vécu des formes d’exclusion, mais on se retrouve ensemble pour créer un espace de soutien et d’amour. Comme nos ancêtres, on devient plus forts en grandissant ensemble.
-Chrissy

Je ne suis pas originaire d’ici, j’ai emménagé en Louisiane en 2010, mais j’ai remarqué un esprit communentre les communautés cajuns et LGBTQ+ : un instinct naturel pour créer des liens, célébrer ensemble et toujours trouver une façon de « laisser les bons temps rouler » . 
-Brandi

Je pense que l’identité en Louisiane est unique, surtoutcomparée à d’autres endroits aux États-Unis. La culturefrancophone a toujours eu un côté un peu «queer», et j’aime le fait qu’on ait pu mélanger des éléments comme la mode, la cuisine, la musique et les performances francophones pour créer quelque chose de spécial ici.

Dans les performances queers, on voit beaucoup d’influences françaises — surtout dans le maquillage et les vêtements — mais notre culture cajun y ajoute encore plusde saveur et de liberté. En tant que Cajuns, on sait ce quec’est que de vivre l’oppression et la discrimination, et çadonne encore plus de sens et de force à l’expression queer dans notre région.
-Beth

 Être queer en Louisiane, c’est parfois compliqué. J’ai déménagé ici pendant ma deuxième année du secondaire et j’ai fait mon coming out l’année suivante. Au début, je détestais la Louisiane, mais avec le temps, j’ai appris à l’aimer. C’est pour ça que j’y suis encore neuf ans plus tard.

La culture ici est spéciale. En mettant la politique de côté, je vois la Louisiane comme un endroit chaleureux, avec un fort sens de la communauté, des célébrations et une grande fierté culturelle. C’est ici que j’ai trouvé des communautés queers qui m’ont aidé à devenir l’homme que je suis aujourd’hui.
-Zack

Comment la montée de la haine anti-LGBTQ+ aux États-Unis — en particulier dans le Sud — influence-t-elle votre réalité quotidienne et vos stratégies de résistance ?

C’est parfois très effrayant et triste de penser à la montée de la haine envers les personnes LGBTQ+. De 2017 à 2019, j’ai fréquenté une école publique en internat pour les élèves « les plus brillants » de la Louisiane, et cette communauté était vraiment unique. Plusieurs de mescamarades n’étaient pas « out » chez eux, et ils venaient dans cetteécole pour pouvoir vivre librement, sans peur ni jugement.

Aujourd’hui, avec les lois en vigueur en Louisiane, beaucoup des protections qu’on avait à l’époque n’existeraient plus. Par exemple, on pouvait utiliser son prénom ou ses pronoms choisis à l’école, sans devoir en parler aux parents. Ce ne serait plus possible maintenant.

Dans ma vie de tous les jours, je ne change pas ma façon d’être. Jecontinue à vivre fièrement, peu importe ce qui se passe ailleurs auxÉtats-Unis. La haine cherche à faire peur pour nous faire taire — mais je ne donnerai jamais ce pouvoir à qui que ce soit.
-Zack

Aujourd’hui, c’est bien plus difficile à supporter qu’à n’importe quel autre moment de ma vie. Je suis une personne queer, l’autre parent de mon enfant est trans, et notre enfant est un·e allié·e engagé·e. Pour ma famille en particulier, je ressens le besoin de me battre pour notre droit d’être qui nous sommes, d’être inclus·es et accepté·es dans notre communauté.

Je veux aussi que mon enfant grandisse dans une région où l’on ne discrimine pas les gens simplement à cause de qui ilsaiment ou de la façon dont ils s’identifient. J’ai l’impression que bon nombre de droits qui ont mis si longtemps à être obtenus sont aujourd’hui menacés d’être retirés. Je ne veux pas que notre société régresse.
-Beth

Au quotidien, je ne ressens pas beaucoup d’impact direct— surtout quand je reste loin des réseaux sociaux. Laplupart des gens que je croise me traitent comme n’importequi d’autre. Mais bien sûr, le climat culturel plus large influence quand même la façon dont on s’organise et se soutient les un·es les autres.
-Brandi

Quels types de collaborations ou d’échanges pourriez-vous imaginer entre Alter Acadie NB et l’AQC pour renforcer la solidarité queer au-delà des frontières ?

Ce serait formidable d’apprendre à utiliser le français pour porter nos messages d’amour, d’acceptation, d’inclusion et de sécurité. On pourrait, par exemple, organiser des webinaires pour apprendre la terminologie française qui correspond à notre vocabulaire queer en anglais.

J’aimerais aussi découvrir comment l’expression queer se manifeste dans votre région, en comparaison avec ce à quoinous sommes habitué·es ici. Et pourquoi pas un bon vieuxprogramme de correspondant·es ! 
-Beth

J’aimerais beaucoup voir des échanges créatifs — comme des échanges d’artistes ou de performeur·euses, des projets communs de récits ou des événements culturels collaboratifs — qui célèbrent nos identités régionales tout en renforçant la solidarité queer. Il y a tellement de potentiel dans le lien entre nos communautés à travers l’art, lalangue et le soutien mutuel.
-Brandi

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On the occasion of the InternationalDay Against Homophobia, Biphobia,and Transphobia, we wanted toreach out to our cousins in Louisiana

Alter Acadie NB asked a few questions to theAcadiana Queer Collective in Louisiana (USA) to better understand their reality andqueer pride. Here are their responses...

 

What kind of community, cultural, or activist work are you doing in Louisiana within the Acadiana Queer Collective (AQC)?

AQC provides space for queer residents of South Louisianato safely be themselves, celebrate diversity and find queerjoy. Especially now, Queer Southerners need to know that there is a community of people who accept them and love them for exactly who they are, and AQC is fighting to grow (and maintain) that sort of environment in Acadiana. All of our events center around these themes, but I am most excited about the Gay Agenda, our quarterly meetings that bring together key players in our community who are willing to do the work to ensure this community remains safe and accepting for all queer individuals.
-Beth
 

What makes queer identity in Louisiana unique? Does it intersect with the experience ofbeing part of a French-speaking minority or with Acadian heritage?

My queer identity and my deep Cajun roots are deeply intertwined because I remember being a little girl at my great grandmas house learning how to cook and serve and create family no matter what my circumstances were. Cajun culture is based around community, mutual aid, and family much like queer culture is. Many of my great grandmas recipes were created with the idea that many neighbors would come together, each with a different ingredient, and feed each other. The Cajun people were exiled from their homes and sent to a place where all they had was each other. I look at my chosen family the same way. Each of us exiled in one way or another, yet finding comfort and peace within each other. Our ancestors found strength by growing together, and I get to carry on that tradition with my own queer community today.
-Chrissy

I’m a transplant who moved to Louisiana in 2010, but I’ve noticed a shared spirit between Cajun and LGBTQ+ communities—the natural tendency to build community, celebrate together, and always find a way to “pass a good time.”
-Brandi
 
I think identity, in general, is unique in Louisiana (especially compared to other parts of the U.S.). ButFrench-speaking culture has historically always been"queer" in the most basic sense, and I love that we have been able to fuse things like Francophone fashion, Francophone cuisine, Francophone music andFrancophone performance into what makes Louisiana's cultural identity unique. I think when you look at queerperformances, specifically, there is a lot of French influence(particularly in makeup and fashion), but our Cajun culture adds even more spice and freedom of expression. We also know (as Cajuns) what it's like to persevere against oppression, persecution and discrimination, so thatdefinitely adds a layer to queer expression in this area.
-Beth
 
Being queer in Louisiana can be complex. I moved to Louisiana duringmy sophomore year of high school and came out during my junior year. I initially hated Louisiana, but with time, it grew on me. It's why I'm stillhere 9 years after my family moved here (and several years since my parents moved away) and 3 years after I graduated college. The culture is special. Politics aside, I see Louisiana as a place of warmth (figuratively and literally LOL), community, celebration, and cultural pride. It's where I found the most down-to-earth queer communities andfriends who helped me become the proud queer man I am.
-Zack


How does the rise of anti-LGBTQ+ hate in the United States — particularly in the South — impact your day-to-day reality and yourresistance strategies?

It can be very scary and sad to think about the rise of anti-LGBTQ+ hate. For my last two years of high school, from 2017-2019, I attended a state-funded boarding school for Louisiana's "best and brightest" students, and the community there was like no other. Many of my classmates and friends weren't out at home and attended the school to have a place they could live authentically without fear or judgement. Under current Louisiana law, many of the protections given to queer students (like the ability to go by their preferred names/pronouns at school without parental permission or parental notification) when I was a student wouldn't have been possible. 

As far as my day-to-day reality is concerned, I don't find myself changing how I behave in my everyday life. I will continue to live proud of who I am, regardless of what's going on across the United States. Hate and hateful actions are intended to scare people into submission. I won't give anyone that satisfaction. 
-Zack

It's far more palatable today than it ever has been for me. I am queer, the other parent of my child is trans and my child isa fierce ally. For my family, in particular, I feel the need to fight for our rights to be who we are and be included andaccepted within our community. I also want my kid to grow up in a region that doesn't discriminate against people simply because of who they love and how they identify. It feels like many of those rights that took so long to be granted
-Beth

Day to day, I don’t feel much direct impact—especially when I stay off social media. Most people I encounter just treat me like any other person. But of course, the broader cultural climate shapes the background of how we organize and support each other.
-Brandi
 

What kinds of collaborations or exchanges could you imagine between Alter Acadie NB and the AQC to build queer solidarity across borders?

it would be nice to learn how to use the French language to further the messages we have of love, acceptance, inclusion and safety. Perhaps webinars to learn the French terminology that coincides with our English queer terminology. I'd also love to learn more about how queer expression exhibits itself in your area as compared to what we're used to here. And a good, old-fashioned pen palprogram would also be fun!
-Beth
 
I’d love to see creative exchanges—like artist or performer swaps, shared storytelling projects, or collaborative cultural events—thatcelebrate our distinct regional identities while deepening queersolidarity. There’s so much potential in connecting our communities through art, language, and mutual support.
-Brandi
 

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